Namibie : un diagnostic ouvre la voie à une réforme de la protection sociale
La Namibie a comparé son système de protection sociale aux normes minimales de l’OIT. La couverture progresse, mais des lacunes persistent dans les pensions et plusieurs prestations essentielles.
En Namibie, la part de la population couverte par au moins une prestation sociale est passée de 24,1 % en 2015 à 54,2 % en 2023. Cette progression est importante, mais environ quatre personnes sur dix restent encore sans couverture effective.
Le pays cherche maintenant à savoir si son système respecte les normes minimales de l’Organisation internationale du travail, l’OIT.
Le 24 juillet 2026, l’OIT a annoncé la validation d’une évaluation comparant les lois namibiennes à la Convention n° 102 sur la sécurité sociale. Le document avait été examiné les 14 et 15 juillet à Windhoek par le gouvernement, les syndicats, les employeurs et plusieurs partenaires du développement.
Cette validation ne vaut pas ratification. Elle permet surtout aux différents acteurs de partager le même diagnostic : ce qui fonctionne déjà, ce qui peut être corrigé rapidement et ce qui nécessite une réforme plus profonde.
Adoptée en 1952, elle fixe des seuils minimaux dans neuf domaines : soins médicaux, maladie, chômage, vieillesse, accidents du travail, prestations familiales, maternité, invalidité et prestations aux survivants. Un État peut commencer par accepter au moins trois domaines, puis étendre progressivement sa couverture. La Convention n’impose pas un modèle unique. Soixante-huit pays l’ont ratifiée, dont treize en Afrique.
Une couverture en progrès, mais encore incomplète
24,1 % | de la population couverte par au moins une prestation en 2015 54,2 % | en 2023 4 sur 10 | personnes encore sans aucune couverture effective
La hausse de la couverture repose notamment sur les pensions non contributives de vieillesse et d’invalidité, les prestations pour enfants et la protection contre les accidents du travail.
Une prestation non contributive est principalement financée par l’impôt. Le bénéficiaire n’a pas besoin d’avoir cotisé auparavant pour y avoir accès.
L’évaluation relève toutefois plusieurs limites. Certaines conditions d’accès restent restrictives, des montants sont jugés insuffisants et les plafonds salariaux réduisent parfois les indemnités versées après un accident du travail.
La pension contributive prévue par une loi de 1994 n’a jamais été mise en œuvre. De nombreux salariés dépendent donc de régimes professionnels dont le montant final varie selon les cotisations et les rendements financiers. Ces régimes ne garantissent pas toujours le revenu minimal attendu par la Convention n° 102. Selon l’OIT, un futur fonds national devra assurer une couverture suffisante, des prestations adaptées et une viabilité financière durable.
Une réforme qui concerne de nombreux pays africains
La publication intervient alors que l’Union africaine réunit à Windhoek, du 27 au 31 juillet 2026, sa commission spécialisée sur le développement social, le travail et l’emploi.
De nombreux pays du continent cherchent à étendre leur protection sociale malgré l’importance de l’emploi informel, le vieillissement de la population, les contraintes budgétaires et les chocs climatiques ou économiques.
En Namibie, les prochaines étapes dépendront des discussions entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats. Le diagnostic ne crée aucun droit immédiat. Il fournit une feuille de route pour corriger les lacunes et mesurer les progrès avec des critères internationaux.
Lire l’article original sur Organisation internationale du travail et Union africaine