El Niño se renforce : le coût du choc et la fenêtre pour l'éviter

El Niño s’intensifie dans le Pacifique. Ses effets varieront selon les régions, mais les risques de sécheresse, d’inondation et de pertes agricoles poussent les organisations internationales à financer des actions avant les crises.

El Niño s’intensifie dans le Pacifique tropical. Le phénomène peut modifier les pluies, les températures et les récoltes dans de nombreuses régions du monde, mais ses effets ne seront ni identiques ni automatiques partout.

L’Organisation météorologique mondiale, l’OMM, a confirmé l’entrée en phase El Niño le 3 juillet 2026. Le 20 juillet, elle a annoncé une intensification rapide entre août et octobre, avec un pic possible en novembre.

Dans certaines zones de référence du Pacifique, les modèles indiquent des températures de surface de la mer supérieures de plus de 2 °C aux normales.

Cette estimation a été présentée le 26 juillet 2026 par Anthony Nyong, directeur du changement climatique à la Banque africaine de développement. Il s’agit d’un scénario de risque, pas d’une prévision certaine. Les économies les plus touchées pourraient perdre entre 1 et 2 % de leur produit intérieur brut.

Un même phénomène, des conséquences différentes

El Niño correspond à un réchauffement inhabituel d’une partie du Pacifique équatorial. Ce réchauffement modifie les circulations atmosphériques et déplace les régimes de pluie à l’échelle mondiale.

  • Afrique australe pendant la principale saison agricole, de novembre à mars
  • Afrique de l’Ouest et Sahel pendant la saison des cultures
  • Asie du Sud et certaines zones d’Australie
  • Amérique centrale et nord de l’Amérique du Sud

  • Corne de l’Afrique, avec davantage de risques d’inondations et de glissements de terrain
  • Certaines parties de l’Afrique de l’Est

Pour la période d’août à octobre, l’OMM prévoit aussi des températures supérieures aux normales sur une grande partie des terres émergées.

Ces projections restent probabilistes. Les services météorologiques nationaux doivent les convertir en alertes locales, adaptées aux cultures, aux calendriers agricoles et aux bassins versants.

Les pays qui dépendent fortement des cultures pluviales sont particulièrement exposés. Une mauvaise répartition des pluies peut réduire les rendements, même si le volume annuel total reste proche de la normale.

Agir avant les pertes

Le 18 juin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, et le Programme alimentaire mondial, le PAM, ont lancé un appel conjoint lié à El Niño.

Ils demandent 202 millions de dollars pour protéger 8,8 millions de personnes dans 22 pays d’Afrique, d’Asie-Pacifique, d’Amérique latine et des Caraïbes.

Les financements déjà disponibles permettent de soutenir 1,2 million de personnes. Les deux agences estiment que 167 millions de dollars supplémentaires permettraient d’en couvrir 7,6 millions de plus.

L’action anticipatoire varie selon les territoires. Elle peut financer :

  • des transferts monétaires avant une hausse des prix ;
  • des semences adaptées à la sécheresse ou aux inondations ;
  • la vaccination et l’alimentation du bétail ;
  • le stockage d’eau ou la protection de digues ;
  • des informations agricoles envoyées directement aux producteurs.

Chaque dollar investi suffisamment tôt peut éviter jusqu’à sept dollars de pertes et de coûts de réponse. Ce ratio dépend du contexte, de la qualité des prévisions et de la rapidité de l’intervention. Il ne s’applique pas automatiquement à toutes les crises.

Ce que l’on ne sait pas encore

L’expression « super El Niño » n’a pas de définition officielle unique. Les seuils varient selon les institutions. L’OMM confirme un renforcement rapide, mais ne garantit pas que l’épisode atteindra un record historique.

Dans de nombreux pays, les systèmes d’alerte et les plans d’intervention existent déjà. Le principal obstacle reste souvent financier : les fonds arrivent après le choc, lorsque les récoltes sont perdues ou que les populations ont déjà dû se déplacer.

L’objectif n’est donc pas de prédire chaque conséquence avec certitude. Il consiste à préparer plusieurs scénarios en parallèle : sécheresse, crues, baisse des récoltes, hausse des prix et déplacements de population.

Lire l’article original sur OMM, FAO, PAM, Banque africaine de développement et Reuters

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