VIH, hépatites et IST : l’OMS alerte sur un retard mondial avant 2030
Les traitements et les outils de prévention existent contre le VIH, les hépatites et plusieurs infections sexuellement transmissibles. Pourtant, les financements reculent et l’accès aux soins reste très inégal.
Les outils médicaux existent, mais ils n’atteignent pas encore toutes les personnes qui en ont besoin. C’est le principal constat du bilan publié le 27 juillet 2026 par l’Organisation mondiale de la santé sur le VIH, les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles, les IST.
Le rapport a été présenté pendant la conférence AIDS 2026 à Rio de Janeiro, à la veille de la Journée mondiale contre l’hépatite.
Les progrès sont réels, surtout contre le VIH. Mais les financements diminuent, les services restent fragmentés et les objectifs fixés pour 2030 s’éloignent.
Des progrès contre le VIH, une mortalité en hausse pour les hépatites
- Les traitements antirétroviraux ont réduit les décès liés au sida
- Ils ont aussi contribué à limiter les nouvelles infections
- Une charge virale durablement indétectable empêche la transmission sexuelle
- Ces résultats dépendent toutefois de financements durables
- La mortalité continue d’augmenter
- Un vaccin existe contre l’hépatite B
- Les antiviraux permettent de guérir l’hépatite C dans la grande majorité des cas
- Le principal obstacle est l’accès aux services, pas l’absence de solutions médicales
Selon ONUSIDA, la hausse des dépenses nationales n’a compensé qu’une partie de cette baisse. Au total, les ressources disponibles ont reculé de 6 %.
Les effets de ce recul apparaissent déjà dans certains pays. Au Cameroun, au Nigeria et en Zambie, le nombre de personnes recevant une prophylaxie pré-exposition aurait diminué de plus de moitié.
Cette prévention, appelée PrEP, est destinée aux personnes séronégatives fortement exposées au VIH. Sa baisse n’entraîne pas automatiquement une hausse immédiate des infections, mais elle prive les programmes de prévention d’un outil important.
Des millions de personnes vivent avec une hépatite chronique
L’OMS estime que 287 millions de personnes vivaient avec une hépatite B ou C chronique en 2024. Ces maladies auraient causé environ 1,3 million de décès.
La prévention commence dès la naissance. Pourtant, seulement 45 % des nouveau-nés recevaient la première dose du vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant l’accouchement.
Cette injection précoce est essentielle pour réduire la transmission de la mère à l’enfant.
De nombreuses infections sexuellement transmissibles ne sont ni diagnostiquées ni déclarées. L’OMS estime donc que la situation réelle est mal connue et pourrait se dégrader. Sans traitement, certaines IST peuvent provoquer une infertilité, des complications de grossesse, des cancers ou une hausse du risque de transmission du VIH. La résistance de certaines bactéries aux antibiotiques complique aussi la prise en charge.
Regrouper les services pour éviter les ruptures de soins
L’OMS recommande de rapprocher les services consacrés au VIH, aux hépatites, aux IST, à la tuberculose, à la santé maternelle et aux soins primaires.
Une même consultation peut proposer un dépistage, une vaccination, des conseils de prévention et une orientation vers un traitement. Cela évite de multiplier les rendez-vous et réduit les pertes de suivi.
Le rapport souligne également le rôle des associations et des communautés concernées. Elles atteignent souvent des personnes éloignées des structures de soins ou confrontées à la stigmatisation.
Leur participation peut améliorer le dépistage, l’adhésion aux traitements et la qualité des programmes.
Le bilan de l’OMS ne décrit donc pas un échec uniforme. La science a fourni de nombreux outils. Le défi consiste maintenant à les financer et à les rendre réellement accessibles.
Lire l’article original sur Organisation mondiale de la santé, ONUSIDA et Reuters