Pourquoi une alimentation saine reste hors de portée pour un tiers du monde

La faim mondiale recule légèrement, mais 2,69 milliards de personnes ne peuvent toujours pas financer une alimentation variée et nutritive. Le coût dépend autant des revenus que des transports, du stockage et de l’énergie.

La faim mondiale a légèrement reculé en 2025. Pourtant, près d’une personne sur trois ne pouvait toujours pas financer une alimentation saine.

Selon le rapport SOFI 2026, environ 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025, soit 7,8 % de la population mondiale. Ce nombre est inférieur à celui de 2024.

Mais ne pas souffrir de sous-alimentation ne signifie pas manger de manière équilibrée. Une famille peut obtenir suffisamment de calories grâce à des produits peu coûteux tout en manquant de fruits, de légumes, de protéines ou d’autres aliments nutritifs.

4,28 $ | coût quotidien moyen d’une alimentation saine en 2025, contre 2,94 dollars en 2017 2,69 milliards | de personnes ne pouvant pas financer cette alimentation, contre 2,97 milliards en 2021 32,7 % | de la population mondiale concernée 66,6 % | de la population africaine concernée

Les montants sont exprimés en dollars à parité de pouvoir d’achat. Cette unité ne correspond pas au taux de change. Elle permet de comparer ce qu’une même somme permet réellement d’acheter dans différents pays.

Parce que l’accessibilité dépend à la fois du prix des aliments et des revenus disponibles après les autres dépenses essentielles. Une alimentation peut devenir plus chère tout en étant accessible à davantage de personnes si les revenus progressent encore plus vite. Cette amélioration ne se retrouve toutefois pas partout, notamment en Afrique, où plus de la moitié de la population connaît une insécurité alimentaire modérée ou grave.

Le prix ne se décide pas uniquement dans les champs

Les étapes réalisées après la sortie de l’exploitation représentent environ 70 à 75 % du prix payé par le consommateur. La transformation, la logistique et le commerce de gros peuvent compter jusqu’à 40 % du coût total.

Les produits périssables sont particulièrement concernés. Les fruits, les légumes, le lait et les produits animaux ont besoin de routes praticables, d’un stockage adapté, d’énergie et parfois d’une chaîne du froid.

Lorsqu’un territoire manque d’entrepôts, d’électricité ou de moyens de transport fiables, une partie des aliments est perdue. Les commerçants intègrent ce risque dans leurs prix.

Les céréales et les féculents se conservent plus facilement et apportent des calories à moindre coût. Ils ne garantissent toutefois pas une alimentation suffisamment variée.

Une politique centrée uniquement sur la quantité de calories peut donc réduire la faim sans résoudre toutes les formes de malnutrition.

Comment rendre une alimentation saine plus abordable

Le rapport identifie plusieurs leviers :

  • améliorer les routes rurales et les systèmes d’irrigation ;
  • développer le stockage et les chaînes du froid ;
  • soutenir la recherche agricole ;
  • faciliter certains échanges commerciaux ;
  • supprimer des obstacles réglementaires inutiles ;
  • réexaminer les subventions qui favorisent surtout les produits riches en calories.

Les aides sociales restent également nécessaires. Les transferts monétaires, les repas scolaires et les programmes destinés aux femmes enceintes et aux jeunes enfants protègent l’accès aux aliments nutritifs pendant une hausse des prix ou une perte de revenus.

Lire l’article original sur OMS, FAO et UN-Nutrition

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