À Gaza, l’amélioration alimentaire reste fragile
L’aide humanitaire a amélioré l’accès à la nourriture à Gaza, mais 1,4 million de personnes pourraient encore vivre une situation de crise ou pire d’ici fin 2026.
L’augmentation de l’aide humanitaire a amélioré la situation alimentaire à Gaza depuis la fin de 2025. Les niveaux les plus graves ont reculé, mais cette évolution reste fragile et peut rapidement s’inverser.
Selon l’analyse publiée le 23 juillet 2026 par l’IPC, 1,4 million de personnes pourraient encore vivre une situation de crise alimentaire ou pire entre juillet et décembre.
1,4 million | de personnes en crise alimentaire ou pire prévues entre juillet et décembre 2026 67 % | de la population de Gaza concernée 212 000 | personnes attendues en phase d’urgence 74 000 | enfants nécessitant un traitement contre la malnutrition aiguë sur douze mois
La phase 3 correspond à une crise : les familles ne peuvent plus couvrir correctement leurs besoins alimentaires sans épuiser leurs ressources ou adopter des stratégies dangereuses. La phase 4, dite d’urgence, signale des déficits importants, une hausse de la malnutrition aiguë et une mortalité accrue. Le classement combine plusieurs indicateurs : consommation, prix, revenus, malnutrition et capacité des ménages à faire face.
L’aide produit des résultats lorsqu’elle peut entrer
En septembre 2025, environ 500 000 personnes recevaient une aide alimentaire. Moins de 1 % des jeunes enfants bénéficiaient alors d’un programme nutritionnel.
En mai 2026, les colis alimentaires atteignaient 1,5 million de personnes. Les aides monétaires polyvalentes couvraient jusqu’à 700 000 personnes et les programmes nutritionnels environ 60 % des enfants de moins de cinq ans.
Cette progression montre l’effet concret de l’aide. Les agences des Nations unies précisent toutefois que les rations restent insuffisantes en quantité, en qualité et en diversité.
Les aliments frais et les sources de protéines entrent de manière irrégulière. Les pénuries d’eau potable et l’affaiblissement des services de santé continuent aussi de menacer les progrès nutritionnels.
Une amélioration moyenne des indicateurs ne signifie donc pas que chaque enfant est hors de danger.
La production locale reste presque à l’arrêt
Plus de 70 % des terres cultivables sont inaccessibles. Selon les données disponibles, seulement 3 % seraient actuellement utilisables.
Les agriculteurs manquent de semences, d’outils, de matériel d’irrigation et d’aliments pour les animaux. Les services vétérinaires sont également difficiles d’accès.
L’accès à la mer reste interdit, ce qui empêche les pêcheurs de reprendre leur activité.
Quelques résultats montrent pourtant qu’une reprise est possible. Là où l’aide aux éleveurs a été maintenue, les effectifs de moutons ont augmenté de 33 %. Ces progrès restent cependant localisés.
Ce qui est nécessaire pour stabiliser la situation
L’IPC, la FAO, l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial demandent :
- un accès humanitaire sûr et prévisible ;
- davantage de financements ;
- le rétablissement des services d’eau et de santé ;
- la reprise des échanges commerciaux ;
- l’accès des producteurs à leurs terres, à la mer et aux intrants.
Sans ces conditions, la population restera dépendante d’une aide irrégulière et l’amélioration actuelle pourra rapidement disparaître.