Pêche au thon : l’Union européenne et les Seychelles renouvellent leur accord pour quatre ans
L’Union européenne et les Seychelles ont renouvelé leur accord de pêche pour quatre ans. Jusqu’à 38 navires européens pourront accéder aux eaux seychelloises, avec des obligations financières, sociales et environnementales.
Jusqu’à 38 navires européens pourront pêcher dans les eaux des Seychelles pendant quatre ans. L’Union européenne et l’archipel ont signé le 27 juillet 2026 un nouveau protocole à leur accord de partenariat pour une pêche durable.
Le précédent protocole avait expiré le 23 février. Le nouveau texte s’applique provisoirement depuis sa signature, mais son entrée en vigueur définitive nécessite encore l’accord du Parlement européen.
Il prévoit une possibilité de capture annuelle de 55 000 tonnes de thon et d’autres espèces migratrices. L’accès concerne au maximum 30 thoniers senneurs et 8 palangriers.
Les 55 000 tonnes constituent un plafond de référence lié aux possibilités d’accès. Ce volume n’est ni un quota garanti ni une quantité automatiquement pêchée.
Ce que chaque partie reçoit
- Sécuriser une partie de l’approvisionnement en thon
- Encadrer l’activité de la flotte européenne dans l’océan Indien
- Accéder à une ressource très consommée : 2,68 kg par personne dans l’Union en 2023
- Couvrir un produit qui représentait 11 % du volume des importations européennes de produits de la pêche en 2024
- Recevoir 23 millions d’euros de contribution européenne sur quatre ans
- Affecter 3 millions d’euros au développement du secteur local de la pêche durable
- Percevoir des droits de licence et une redevance de 90 euros par tonne capturée
- Soutenir l’activité des ports, des services et de la transformation
Le protocole prévoit aussi des financements pour la pêche artisanale, l’aquaculture, la coopération scientifique et le contrôle sanitaire.
Il comprend également des engagements contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Les conditions d’emploi à bord doivent se référer aux normes de l’Organisation internationale du travail et de l’Organisation maritime internationale.
Pourquoi le mot « durable » doit encore être vérifié
La présence de règles environnementales ne suffit pas à garantir la durabilité de la pêche.
L’impact réel dépendra d’abord de l’état des stocks de thon. Il faudra aussi examiner la qualité des données scientifiques, l’intensité des contrôles en mer et dans les ports, ainsi que le respect des règles par les opérateurs.
Le thon se déplace sur de grandes distances. Sa gestion ne peut donc pas reposer uniquement sur un accord entre l’Union européenne et les Seychelles.
Les décisions régionales sont coordonnées au sein de la Commission des thons de l’océan Indien, qui réunit les États côtiers et les pays dont les flottes exploitent ces ressources.
La question du partage de la valeur
Les recettes publiques et l’activité portuaire peuvent soutenir l’économie seychelloise. Le bénéfice à long terme dépendra cependant de la capacité du pays à développer la transformation locale, les emplois qualifiés et les moyens de contrôle.
Les 3 millions d’euros destinés au secteur local devront donc être évalués à partir de résultats concrets : équipements financés, contrôles renforcés, emplois créés et soutien effectif à la pêche artisanale.
Lire l’article original sur Commission européenne, Seychelles News Agency et ANSA