Okefenokee : un grand marais américain entre au patrimoine mondial
Le marais d’Okefenokee rejoint le patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette vaste zone humide du sud-est des États-Unis est reconnue pour sa biodiversité, ses tourbières et ses processus écologiques.
À la frontière de la Géorgie et de la Floride, le marais d’Okefenokee forme un vaste paysage de tourbières, de forêts et de savanes. En juillet 2026, il a rejoint la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le classement concerne l’Okefenokee National Wildlife Refuge, situé principalement en Géorgie. Le site couvre environ 164 565 hectares et évolue au rythme des pluies, des sécheresses et des incendies naturels.
Selon l’UNESCO, il s’agit de la plus grande tourbière d’eau douce de basse altitude de la zone subtropicale. C’est aussi l’un des écosystèmes les mieux conservés de la plaine côtière nord-américaine.
Un refuge pour une biodiversité exceptionnelle
856 | espèces de plantes recensées 238 | espèces d’oiseaux 90 | espèces de reptiles et d’amphibiens 48 | espèces de mammifères
Le refuge abrite notamment une importante population d’alligators américains. Il sert également d’habitat ou de halte à de nombreux oiseaux migrateurs.
On y trouve aussi des savanes de pins des marais. Cet habitat était autrefois très répandu dans le sud-est des États-Unis, mais moins de 3 % subsisterait aujourd’hui. Plusieurs plantes endémiques en dépendent.
Les sols riches en tourbe stockent du carbone accumulé pendant de longues périodes. Tant qu’ils restent humides et intacts, ce carbone demeure piégé. Un assèchement prolongé ou des incendies très intenses peuvent au contraire favoriser sa libération.
Le classement reconnaît donc plusieurs fonctions du marais : préserver des habitats, réguler l’eau, stocker du carbone et maintenir un paysage naturel rare.
Ce que le classement change réellement
Non. Le classement reconnaît une « valeur universelle exceptionnelle » et engage les États-Unis à préserver les caractéristiques du site. Il ne crée toutefois pas automatiquement de nouvelle réglementation fédérale ou locale. L’UNESCO ne prend pas le contrôle du refuge. Les éventuels projets d’extraction restent soumis aux procédures juridiques et environnementales américaines.
Cette distinction a son importance. Associated Press rapporte que certaines communautés voisines craignaient une intervention directe des Nations unies, ce que le classement ne permet pas.
L’Union internationale pour la conservation de la nature, qui conseille l’UNESCO pour les sites naturels, avait recommandé l’inscription. Elle mettait en avant l’intégrité du système hydrologique et la diversité des habitats.
Okefenokee a été retenu selon deux critères : les processus écologiques encore à l’œuvre et la présence d’habitats importants pour la biodiversité.
Sa conservation dépendra désormais des mesures prises dans la durée : maintenir les flux d’eau, prévenir les pollutions, gérer les incendies et encadrer les activités autour du refuge.