Les BRICS créent un groupe d’experts sur les médecines traditionnelles
Réunis en Inde, les ministres de la Santé des BRICS ont adopté un cadre commun pour renforcer la recherche, la sécurité et l’évaluation des médecines traditionnelles, sans valider automatiquement leur efficacité.
Les ministres de la Santé des BRICS ont adopté, les 23 et 24 juillet 2026 à Chandigarh en Inde, une déclaration qui accorde pour la première fois une place spécifique aux médecines traditionnelles, complémentaires et intégratives.
Elle prévoit la création d'un groupe d'experts chargé d'organiser la coopération entre États membres.
Déclaration ministérielle de Chandigarh, 24 juillet 2026.
Un cadre centré sur la preuve, pas sur la reconnaissance
Le texte ne reconnaît l'efficacité d'aucune pratique. Il engage les États à produire des données, à harmoniser leurs méthodes d'évaluation et à renforcer la pharmacovigilance, c'est-à-dire la surveillance des effets indésirables après utilisation d'un produit.
Les essais cliniques devront être enregistrés dans des registres reconnus par l'OMS. L'exigence n'est pas cosmétique : un essai déclaré publiquement peut être comparé à son protocole initial et pris en compte même lorsque ses résultats sont négatifs.
Elle limite ainsi la publication sélective des seules études favorables.
L'initiative s'inscrit dans la stratégie mondiale de l'OMS sur les médecines traditionnelles pour 2025-2034, qui vise à n'intégrer que les interventions dont le rapport entre bénéfices et risques est suffisamment établi.
Une légitimation prématurée ?
Dans un éditorial publié en juin 2026, plusieurs auteurs du British Medical Journal ont averti qu'une intégration trop rapide risquait de donner une légitimité à des traitements insuffisamment évalués. L'ancienneté ou la popularité d'une pratique ne constitue pas une preuve d'efficacité.
Cette réserve ne ferme pas la porte à la recherche : de nombreux médicaments modernes dérivent de substances naturelles ou de savoirs anciens.
Mais la question posée reste celle de tout traitement — fonctionne-t-il mieux qu'un placebo ou qu'un soin existant, pour quels patients, à quelle dose et avec quels risques ?
- Les BRICS ont adopté un cadre commun sur les médecines traditionnelles les 23 et 24 juillet 2026.
- Un groupe d'experts doit coordonner recherche, sécurité et pharmacovigilance.
- Le texte ne valide l'efficacité d'aucune pratique.
- La transparence des essais et l'évaluation indépendante resteront déterminantes.