Noyades : l’OMS propose sept leviers pour prévenir 300 000 décès par an
Chaque année, environ 300 000 personnes meurent noyées. Le cadre PROTECT de l’OMS rassemble sept domaines d’action pour prévenir ces décès, des équipements de sécurité à la formation aux secours.
Chaque année, environ 300 000 personnes meurent noyées dans le monde. Plus de 90 % de ces décès surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Le 23 juillet 2026, l’Organisation mondiale de la santé a présenté à Accra un cadre pour aider les gouvernements à agir. Baptisé PROTECT, il ne propose pas une solution unique, mais sept domaines d’intervention complémentaires.
La noyade figure parmi les dix principales causes de mortalité chez les enfants de 5 à 14 ans.
Pourquoi une seule mesure ne suffit pas
Le danger ne prend pas partout la même forme. Il peut venir d’un puits non protégé, d’une embarcation surchargée, d’une zone de baignade sans surveillance ou d’un manque de formation aux premiers secours.
PROTECT rassemble donc sept domaines d’action :
- Sécuriser les puits, réservoirs et autres points d’eau.
- Développer les capacités de sauvetage et de réanimation.
- Protéger les personnes qui travaillent près de l’eau.
- Renforcer les règles applicables au transport fluvial et maritime.
- Enseigner la natation et la sécurité aquatique.
- Organiser la garde des jeunes enfants près des zones à risque.
- Préparer les populations et les secours aux inondations.
Le document s’adresse aux responsables publics. Il ne crée aucune obligation internationale. Son effet dépendra des lois adoptées, des budgets engagés et de l’application réelle des mesures dans chaque pays.
Le climat modifie aussi les risques
Les inondations et les tempêtes exposent directement les populations à des eaux rapides, à des évacuations difficiles et à la destruction d’infrastructures.
Les fortes chaleurs peuvent également augmenter la fréquentation des rivières, des lacs et du littoral. Certaines personnes se baignent alors dans des zones non surveillées ou mal connues.
Au Royaume-Uni, le nombre de décès par noyade augmenterait de 7,2 % pour chaque degré supplémentaire. Le risque serait près de cinq fois plus élevé au-dessus de 25 °C qu’en dessous de 10 °C. Il s’agit d’une association statistique : la fréquentation, les comportements, l’alcool et la surveillance influencent aussi le risque.
Le 23 juillet, l’Angleterre a lancé sa propre stratégie nationale après plusieurs décès dans des espaces aquatiques. Cette initiative est distincte de PROTECT, mais elle repose sur la même idée : la noyade doit être traitée comme un problème de santé publique, pas seulement comme une suite d’accidents individuels.
Passer du cadre aux actions locales
Au Ghana, pays hôte du lancement, l’OMS estime qu’environ 1 100 personnes meurent noyées chaque année, soit près de trois par jour.
Ce chiffre reste une estimation. Dans de nombreux pays, les décès et les circonstances des accidents sont encore mal enregistrés. PROTECT encourage donc aussi l’amélioration des données, indispensable pour cibler les investissements.
Certaines mesures peuvent produire des effets rapides, comme sécuriser les réservoirs domestiques ou imposer des équipements de flottabilité. D’autres demandent un effort durable dans les écoles, les transports et les services de secours.
L’Alliance mondiale pour la prévention des noyades vise une baisse de 35 % des décès d’ici 2035. Il s’agit d’un objectif, pas d’une prévision.
Lire l’article original sur Organisation mondiale de la santé et The Guardian