Transition juste : le PNUE appelle à inscrire l’équité climatique dans le droit

Réduire les émissions peut aussi fragiliser des emplois et des territoires. Un rapport du PNUE explique comment inscrire la justice sociale dans les lois et les politiques climatiques.

Fermer une mine, transformer une usine ou augmenter le prix de certaines énergies peut réduire les émissions. Ces décisions peuvent aussi supprimer des emplois, augmenter des dépenses et fragiliser des territoires entiers.

C’est précisément ce que cherche à éviter la transition juste : mener la transformation écologique sans faire supporter l’essentiel de son coût aux populations les plus exposées.

Le 28 juillet 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement, le PNUE, a publié le rapport « No Transition Without Justice ». Il examine la manière dont ce principe commence à entrer dans les lois, les institutions et les décisions de justice.

Une transformation vers une économie plus durable qui réduit les émissions tout en protégeant les travailleurs, les ménages modestes, les peuples autochtones et les territoires dépendants d’activités polluantes. Elle concerne notamment l’énergie, les mines, la construction, les transports et l’agriculture.

Un principe qui entre progressivement dans le droit

En 2024, 67 parties à l’Accord de Paris mentionnaient explicitement la transition juste dans leurs engagements climatiques nationaux.

Cette présence ne prouve pas que les mesures sont appliquées. Le PNUE constate toutefois que le principe apparaît désormais dans des lois, des mécanismes de financement et certaines décisions de justice.

Le rapport étudie des exemples en Australie, au Brésil, au Chili, en Chine, en Colombie, en Inde, au Maroc, au Pérou, en Afrique du Sud, à Tuvalu et dans plusieurs pays européens.

En Slovénie, la planification cherche notamment à prévenir la précarité énergétique et les difficultés de mobilité. À Séoul, les habitants, les associations et les entreprises participent à l’élaboration des politiques urbaines d’efficacité énergétique.

Ce qu’une loi doit prévoir pour être réellement utile

Fermer une centrale ou augmenter la part des énergies renouvelables constitue un objectif technique. Cela ne dit pas encore qui paiera la transformation, qui perdra son emploi ou comment les personnes concernées pourront contester une décision.

Le PNUE identifie cinq conditions essentielles :

  1. Des procédures transparentes auxquelles les décideurs doivent se conformer.
  2. Une participation réelle des personnes concernées avant les décisions.
  3. Des voies de recours accessibles lorsque les engagements ne sont pas respectés.
  4. Des financements clairement identifiés, et non repoussés à un budget futur.
  5. Des responsabilités confiées à des institutions précisément désignées.

Le Programme des Nations unies pour le développement rappelle que les solutions doivent être adaptées à la situation économique et sociale de chaque pays.

L’Organisation de coopération et de développement économiques insiste de son côté sur les effets cumulés. Une transformation peut toucher simultanément l’emploi, les transports, le logement et l’accès à l’énergie.

Pourquoi la répartition des efforts est décisive

Les politiques climatiques rencontrent davantage d’opposition lorsque leurs coûts paraissent mal répartis.

La fermeture d’une mine peut réduire les émissions à long terme, mais supprimer immédiatement des emplois et des revenus locaux. Elle peut aussi fragiliser les commerces et les services publics du territoire.

Préparée suffisamment tôt, la même fermeture peut s’accompagner de formations, de reconversions professionnelles et de nouvelles activités économiques.

Le rapport ne crée aucune nouvelle obligation internationale. La présence des mots « transition juste » dans une loi ne garantit pas son efficacité. Les résultats devront être vérifiés à partir d’indicateurs concrets : emploi, revenus, accès à l’énergie, participation publique, recours disponibles et répartition des financements.

Lire l’article original sur Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ; Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ; Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

Lire les autres articles