Minéraux critiques : l’ONU veut éviter que la transition énergétique alimente les conflits

Lithium, cobalt, cuivre et terres rares sont indispensables à la transition énergétique. L’ONU alerte toutefois sur les conflits, la corruption et les atteintes aux droits que leur extraction peut alimenter.

Batteries, réseaux électriques, éoliennes et équipements numériques dépendent de minerais comme le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre et les terres rares.

Selon l’ONU, la demande mondiale de ces minéraux critiques pourrait tripler d’ici à 2030. Cette croissance peut créer des emplois et des recettes publiques, mais elle peut aussi renforcer la corruption, les trafics et les conflits.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré un débat à ce sujet le 22 juillet 2026 à New York. La réunion était présidée par la République démocratique du Congo, l’un des principaux pays producteurs de cobalt et de cuivre.

Une même ressource peut financer deux trajectoires opposées

  • Le développement économique des pays producteurs
  • Des emplois et des compétences industrielles
  • Des recettes fiscales pour les services publics
  • La transition énergétique mondiale

  • Des groupes armés, par l’exploitation illégale
  • La corruption et les revenus clandestins
  • La déforestation et la pollution de l’eau
  • Des déplacements de population et des atteintes aux droits des travailleurs

La République démocratique du Congo illustre cette contradiction. Le pays joue un rôle majeur dans l’approvisionnement mondial en cobalt et en cuivre, tandis que l’est du territoire reste marqué par des conflits impliquant de nombreux groupes armés.

Le Soudan a également été cité pendant le débat, en raison du rôle de l’or dans le financement de l’économie de guerre.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a demandé une meilleure traçabilité des chaînes d’approvisionnement. Il souhaite aussi que les pays producteurs conservent une part plus importante de la valeur créée par leurs ressources.

La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, a défendu la transformation locale des minerais et la coopération régionale.

Aujourd’hui, une grande partie des emplois qualifiés et de la valeur se concentre dans les pays qui raffinent les minerais et fabriquent les produits finis, plutôt que dans ceux où ils sont extraits.

Des principes difficiles à appliquer sur le terrain

Le débat du Conseil de sécurité n’a créé aucune règle internationale contraignante. Il a surtout permis d’identifier plusieurs priorités :

  • tracer l’origine des minerais ;
  • publier les contrats et les revenus ;
  • protéger les droits humains ;
  • lutter contre la corruption ;
  • renforcer les administrations des pays producteurs.

L’application reste difficile. Les chaînes d’approvisionnement traversent plusieurs pays et de nombreux intermédiaires. Des minerais extraits légalement et illégalement peuvent être mélangés, tandis que les autorités disposent parfois de peu de moyens dans les zones de conflit.

Non. Des millions de personnes en dépendent directement ou indirectement, souvent dans des conditions précaires. Une interdiction brutale risquerait de déplacer l’activité vers des circuits clandestins. L’objectif est plutôt de la formaliser : enregistrer les sites et les travailleurs, améliorer la sécurité et intégrer la production dans des chaînes contrôlées.

  • La demande de minéraux critiques pourrait tripler d’ici 2030 selon l’ONU.
  • Le débat du 22 juillet n’a créé aucune obligation nouvelle.
  • La traçabilité, la transparence des contrats et le partage de la valeur sont les principales priorités.
  • La transition énergétique dépend aussi des conditions sociales et environnementales d’extraction.

Lire l’article original sur Nations unies et Associated Press

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